Entre Perpignan et Collioure dans les Pyrénées Orientales, chambres d’hôtes de charme dans une ancienne cave viticole, avec jardin et piscine, proche de la mer, des montagnes et de l’Espagne.

Le GR10 dans les Pyrénées Orientales

 

En juin 2017, j’ai parcouru les dernières étapes du GR10 dans les Pyrénées Orientales depuis les montagnes jusqu’à la Méditerranée. En 2016, j’avais fait six semaines de marche d’Hendaye sur la côte atlantique jusqu’au lac des Bouillouses dans les PO, donc je voulais compléter les 10 derniers jours et achever ma traversée des Pyrénées dans toute la longueur.

J’étais accompagné de deux amis : John, un copain de longue date, marcheur enthousiaste et aventurier de nature, et Tony que j’avais rencontré sur le GR10 l’année précédente. Quand il est arrivé pour notre rencontre au Chai Catalan en juin, Tony venait de finir en un mois les étapes entre Cauterets – où il avait quitté la piste l’année précédente – et le lac des Bouillouses.

Pascale nous a déposés à Villefranche de Conflent où nous avons pris le petit train jaune qui monte à Mont Louis. De la gare, nous avons pris un taxi jusqu’au lac des Bouillouses car les navettes qui circulent pendant l’été ne commencent pas avant juillet. La région autour du lac est connue sous le nom de « Petit Canada » en raison des forêts de pins, des montagnes et de la multitude de petits lacs qui s’y trouvent. C’est une Mecque pour les randonneurs avec des sentiers multiples tels que la Tour du Carlit, les nombreux GRP (sentiers locaux) et bien sûr le GR10 vers l’Ariège dans une direction et jusqu’à Banyuls-sur-Mer dans l’autre. Le Pic Carlit domine le lac à 2921 m d’altitude, la plus haute montagne du département. Nous avons passé la nuit à Les Bonnes Hores qui propose à la fois des chambres d’hôtel et un dortoir. Il y a aussi un refuge CAF (Club Alpin Français) et un autre refuge de l’autre côté du barrage ainsi qu’un grand camping près de la route d’accès où j’avais campé l’année précédente.

Lac des Bouillouses à Planes

Nous avons commencé notre trek le lendemain matin, en traversant le barrage et la forêt en direction du village de Bolquère, situé après la station de ski de Pyrénées 2000. Notre route a été un peu lente sur ce tronçon car le tracé du GR10 avait été modifié et les balises n’étaient pas aussi évidentes que d’habitude – oui, c’était le premier jour et nous étions déjà un peu perdus !

C’était une introduction assez gentille à notre randonnée, le chemin étant en grande partie en descente jusqu’à Bolquère. Malheureusement il n’y avait pas de café ouvert là-bas pour notre pause thé en milieu de matinée. Donc, nous avons continué notre chemin vers le plateau de Cerdagne pour trouver un endroit où pique-niquer et où nous pourrions préparer le premier de nombreux breuvages à l’aide de mon petit réchaud Trangia, de basse technologie mais efficace !

Le premier jour de marche s’est terminé à Planès. Nous avons réussi l’exploit de ne perdre notre chemin qu’une fois de plus seulement. Nous avons fait escale au gîte écologique. John est parti explorer les montagnes environnantes tandis que Tony et moi nous nous sommes installés au soleil pour boire – et apprécier – quelques bières.

Planès au refuge de Ras de la Carança

Normalement, le mois de juin est un excellent mois pour faire de la randonnée car il n’y a plus vraiment de danger qu’il neige et il ne fait pas trop chaud. Cette année, notre marche a coïncidé avec une canicule et probablement les températures les plus élevées de l’été dans les PO. Nous avons commencé à souffrir de la chaleur et, contrairement au premier jour, le chemin n’était pas tout en descente. La chance étant de notre côté, nous avons réussi à nous perdre seulement une fois dans la journée et par un heureux hasard le mauvais chemin que nous avions pris intersectait avec le GR10.

Le refuge de Ras de la Carança est complètement hors réseau, la seule électricité étant celle générée par des panneaux solaires. Nous sommes arrivés juste au moment où deux autres randonneurs partaient en direction de Planes, ayant déjà quitté Mantet ce jour-là. Autrement dit, ils faisaient en un jour deux fois la distance que nous avions parcourue, tout cela avec des sacs à dos pesant environ le double des nôtres. Bon courage ! Bonne chance ! Nous nous sommes installés pour prendre quelques bières.

Les autres clients étaient un couple qui avait pour tâche de repeindre les balises du GR10 entre Mantet et Planès – de vrais serviteurs du peuple !

Pour anecdote, l’eco wc est situé en dessous d’une paroi rocheuse à haut risque d’une chute de pierres. Un peu inquiétant cela.

Ras de la Carança à Mantet

Nous avons réalisé deux premières au cours de la journée : le premier jour sans se perdre et les première plaques de neige sur notre parcours. En arrivant à Mantet, il y avait une rivière qui nous séparait du village, John l’a traversée en pataugeant, Tony et moi sommes passés par la passerelle quelques mètres plus bas.

Mantet est un village assez éloigné et isolé et probablement l’un des derniers du département à être devenu accessible par la route. Les moutons qui descendaient des collines en soirée étaient accompagnés de leur chien de garde patou.

Nous sommes arrivés à la ferme auberge où nous logions cette nuit-là. John partit explorer les environs pendant que Tony et moi nous nous installions pour quelques bières à l’ombre. Le dîner a été pêché par le fermier dans la rivière que nous avions traversée plus tôt. Après l’avoir servi, notre hôte est parti faire son jogging du soir sur la même distance que celle que nous avions parcourue pendant la journée !

Mantet à Mariailles

Après une courte marche pour sortir du village, nous sommes arrivés au Col de Mantet. De là, le GR10 descend à Py, puis remonte à Mariailles, ce qui voulait dire qu’il y avait une ascension assez longue dans la chaleur de l’après-midi. Après avoir discuté l’affaire, nous avons décidé de suivre la HRP (Haute Randonnée Pyrénéenne) à partir du col puis de continuer par la crête et de finalement descendre jusqu’à notre destination. Cela nous a permis de faire l’ascension le matin, ce qui était un avantage même si nous n’avions pas vraiment compris que cela rallongeait aussi notre route de manière significative.

À mi-chemin, nous avons rattrapé un couple allemand que nous avions rencontré la veille à Mantet et nous avons décidé de faire notre pause thé en nous installant sur des rochers qui semblaient être là juste pour cela. Des bêtes de montagne locales ont décidé que c’était une excellente idée et sont venues se joindre à la fête. Ce sont des animaux curieux, un peu comme des bœufs mâtinés de « Yogi Bears » et friands de pique-niques ! Nous avons aussi fait la rencontre d’une autre espèce : les taons, omniprésents dans toutes les Pyrénées, un spécimen est d’ailleurs venu squatter ma photo du poteau indicateur.

Après une longue journée de marche, nous avons été récompensés par un superbe panorama sur les montagnes et quelques bières bien fraiches quand nous avons atteint le refuge de Mariailles.

Mariailles aux Cortalets

Nous sommes partis tôt car nous devions faire l’ascension du Canigou et il y avait une prévision de tempête en début d’après-midi. Le GR10 fait le tour de la montagne mais il y a un itinéraire alternatif qui passe par le sommet, ce qui implique d’emprunter une montée connue sous le nom de « La Cheminée ». Au refuge de Mariailles nous avions été informés que c’était raisonnablement faisable mais que nous aurions besoin d’être au sommet avant midi pour éviter la tempête. Tony avait déjà – sagement – décidé de suivre le GR10 car il avait un problème avec sa vision périphérique, ce qui pouvait être dangereux pendant une ascension potentiellement difficile. John et moi avons décidé de prendre la route du sommet.

Ce fut une longue et chaude marche jusqu’à La Cheminée, le chemin étant peu ombragé. Quand nous sommes arrivés, j’ai remarqué que certains randonneurs déjà engagés portaient des casques. Je commençais à me sentir terriblement mal équipé. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une ascension technique, il s’agit d’une longue et raide montée dans des éboulis qui nécessite d’avoir 3 points de contact à tout moment et de bien réfléchir où poser sa main ou son pied en grimpant. Tandis que je prenais bien en compte cette considération (à un moment, je me suis tellement concentré sur ma prochaine prise que je n’ai pas vu le rocher sur lequel j’ai cogné ma tête), John grimpait allégrement, de bon train comme une chèvre folle.

Comme n’importe quel Catalan vous le dira, le Canigou est la plus haute montagne du monde, c’est donc avec un grand sentiment de réussite que nous avons posé pour la photo au sommet.

La descente fut assez directe car il y a un bon chemin du sommet aux Cortalets mais ce fut un peu la course pour y arriver avant que la tempête ne commence car nous entendions déjà le tonnerre gronder dans les montagnes. Comme attendu, l’orage est arrivé mais heureusement seulement cinq minutes avant que nous même ne parvenions en trottant au refuge où Tony commandait juste les bières.

Des Cortalets à La Batère

Randonnée toute en descente ce jour-là, enfin pas tout à fait. En fait, c’était surtout en descente le matin, avec une montée jusqu’au col de la Cirère au-dessus de Batère dans la chaleur de l’après-midi. Néanmoins, ce fut une balade pittoresque sur les pentes du Canigou à admirer quelques cascades spectaculaires et les derniers vestiges d’un DC3 qui s’était écrasé dans la montagne dans les années 50.

L’auberge de La Batère est construite à côté de l’ancien logement des mineurs, partiellement utilisé comme dortoir. Le seul autre client à notre arrivée était un Américain qui commençait juste ses vacances de randonnée dans les Pyrénées. En fait, il avait commencé par se perdre sur le chemin venant d’Arles sur Tech ce matin-là. Maintenant, il prenait un jour de repos pour s’acclimater, ce qui semblait consister à boire de grandes quantités de bières fraiches. Comme il avait reçu une formation médicale, nous avons décidé que nous devions suivre son exemple afin d’éviter les effets néfastes de l’épuisement par la chaleur et d’oublier nos autres maux.

La Batère au Moulin de la Palette

Maintenant nous étions vraiment passés dans la vallée du Tech et en effet nous traverserions le fleuve lui-même après le déjeuner. Nous avions vraisemblablement sous-estimé notre compagnon américain car nous avons passé beaucoup de temps à essayer de trouver notre chemin jusqu’à Arles-sur-Tech, à tel point que nous avons perdu Tony (nous ne l’avons retrouvé qu’en fin d’après-midi au gîte d’étape). La journée promettait d’être très chaude.

Notre plan était de s’arrêter à Arles pour le déjeuner et aussi pour trouver une laverie. Pascale nous a rejoint aux Glycines, un hôtel-restaurant d’Arles sur Tech. Par chance l’hôtel proposait un service de blanchisserie pour les randonneurs et nos vêtements ont pu être lavés pendant que nous déjeunions. Pour profiter pleinement de ce service, nous avons également enlevé nos chaussettes pour les mettre à laver et nous avons mangé pieds nus.

L’après-midi nous avons traversé le Tech et grimpé la montagne qui s’élève de la vallée. Une longue marche sous un soleil de plomb. Quand nous avons atteint le gîte, j’étais à la limite de l’épuisement. Un autre randonneur est arrivé un peu plus tard, qui lui l’avait clairement dépassée. Son malheur avait été aggravé par une blessure au bras causée par une mauvaise chute. Heureusement, au fur et à mesure de la soirée, il sembla aller mieux même s’il était encore en très mauvais état. Nous lui avons conseillé de ne pas aller plus loin qu’Arles le lendemain et, si nécessaire, de consulter un médecin, et préférablement pas un américain en état d’ébriété.

Nous avons apprécié un excellent dîner cuisiné sur le four solaire de l’éco-gîte.

Moulin de la Palette à Las Illas

Notre défi du jour, le Pic Salines, la dernière grande montagne avant le Col du Perthus et les Albères. La vue du Roc de France jusqu’à un lac du côté espagnol était magnifique mais la randonnée pour arriver en haut nous sembla longue à cause de la chaleur et les mouches particulièrement agressives.

La descente ne fut pas sans problèmes car nous avons perdu notre chemin à plusieurs reprises. Finalement, le tracé du GR10 a coïncidé avec la route qui mène à Las Illas que nous avons suivie sur plusieurs kilomètres épuisants.

Nous avons trouvé le refuge qui se trouve dans une grande pièce à côté de la mairie. Il n’y avait personne, alors nous sommes allés à côté pour prévenir de notre arrivée. Là il y avait beaucoup de gens occupés à compter les votes car c’était le deuxième tour de l’élection présidentielle. Personne n’a semblé dérangé par notre présence, peut-être nous ont-ils pris pour des observateurs internationaux ! Il fallait prendre le contrôle de la situation. La chaleur avait affecté notre cerveau et nous avions besoin de médicaments d’urgence. Nous avons donc réquisitionné nos lits en laissant nos sacs dessus et nous sommes allés ensuite directement au bar.

Au bar-restaurant de Las Illas nous avons mangé un excellent repas de joue de porc. Le propriétaire possède également un petit vignoble près de Collioure et propose donc les vins de ce terroir dans son restaurant. Je peux confirmer que la deuxième bouteille était aussi bonne que la première. Pascale et moi y sommes retournés déjeuner à une autre occasion et c’était toujours aussi bon.

Las Illas au Col d’Ouillat

L’avant-dernier jour de notre randonnée et une marche relativement facile jusqu’au Perthus : en route nous avons traversé une zone indiquée comme naturiste mais les seuls naturistes apparents étaient un chien et un mouton. Plus tard, nous nous sommes arrêtés pour notre pause thé matinale aux vestiges romains du col de Panissars.

Après avoir déjeuné au Perthus nous sommes montés jusqu’au chalet du Col de l’Ouillat où nous avons passé le reste de l’après-midi à nous détendre sur la terrasse et à profiter du panorama. Plus tard, nous avons apprécié notre excellent dîner et sommes restés bien trop tard dans le bar à déguster des digestifs tout en écoutant Django Reinhardt. Une belle soirée sur notre chemin.

Col d’Ouillat à Banyuls-sur-mer

Nous sommes partis de bonne heure car nous avions devant nous la longue marche finale. C’était la troisième fois que je faisais cette dernière étape du GR10 mais ça ne m’a pas aidé. On pourrait penser – après 800 kilomètres de montagne, de montées et de descentes successives – que le GR10 rendrait le dernier jour facile, déploierait le tapis rouge pour ainsi dire. Hélas non, le chemin est dur jusqu’à la fin.

Nous voulions atteindre le sommet du Pic Neulos vers 8h30. Nous avions comme plan de téléphoner à Pascale pour qu’elle regarde avec des jumelles par la fenêtre du premier étage et qu’elle nous voie lui faire des signes ! Un nuage bas au-dessus de la plaine du Roussillon a mis fin à cette idée. Pour une note positive, ce nuage nous a aidé à mieux nous repérer. En gardant le côté nuageux à gauche et le côté ensoleillé à droite, c’était bon, nous allions bien vers l’est.

Nous avons réussi à suivre assez bien la piste ce qui n’est pas toujours facile dans les Albères, le chemin n’est pas toujours évident et il faut toujours être à l’affut de la prochaine balise. Le long d’une partie de la crête, on trouve les vestiges de l’ancienne clôture de fil barbelé qui marquait la frontière entre la France et l’Espagne. Cela permet aussi de se repérer. Nous aurions pu penser quand nous avons finalement aperçu la Méditerranée que nous approchions de la descente sur Banyuls. Malheureusement c’était une illusion. Il y avait encore une dernière montée raide jusqu’au Col des Gascons où, inévitablement, nous nous sommes arrêtés pour notre pause thé. Durant cet interlude, nous avons parlé avec une randonneuse qui venait de quitter Banyuls et qui commençait son trek le long du GR10 jusqu’à Hendaye. Elle nous a demandé si nous avions vu son petit ami qui était parti plus tôt. La réponse étant non, j’aime à penser qu’ils ont peut-être vécu une randonnée intéressante au fil des semaines suivantes !

Après avoir descendu quelques petits sentiers traîtres, nous sommes arrivés à Banyuls et notre marche s’est terminée devant le panneau du GR10 sur la mairie en face de la plage. Pour Tony et moi, c’était la fin de notre traversée des Pyrénées longue de 850 km. John aurait juste à revenir pour parcourir les quelques 700 kilomètres qui lui restaient encore à faire. Cela faisait presque exactement un an que mon aventure sur le GR10 avait débuté à Hendaye… où j’avais eu du mal à trouver mon chemin pour sortir de la ville !

 

Bouillouses et Carlit

Bouillouses et Carlit

Panneau Bolquère

Panneau Bolquère

Entre Planès et Carança

Entre Planès et Carança

éco wc

éco wc

Entre Carança et Mantet

Entre Carança et Mantet

Entre Mantet et Mariailles

Entre Mantet et Mariailles bis

Entre Mantet et Mariailles bis

La cheminée

La cheminée

Sommet du Canigou

Sommet du Canigou

Entre les Cortalets et Batère

Entre les Cortalets et Batère

Vue du sommet du pic de Saline

Vue du sommet du pic de Saline

Panneau zone naturiste

Panneau zone naturiste

Drapeau au pic Neulos

Drapeau au pic Neulos

Arrivée à Banyuls

Arrivée à Banyuls

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